Dans ce texte, j’ai souhaité revenir plus longuement sur les différentes raisons qui m’ont amenée à m’abstenir lors du vote sur l’abrogation des zones à faibles émissions au sein de la commission spéciale.
De la nécessité de réguler le transport individuel
Chaque année, 40 000 personnes meurent du fait de la pollution de l’air. Les oxydes d’azote, émis très fortement par les moteurs diesel (la moitié de la totalité des oxydes d’azote émis en France provient du transport) en sont l’un des grands contributeurs.
De plus, la concentration de ces problématiques dans des grandes agglomérations, du fait de la concentration des populations, est connue.
Il paraît donc tout à fait opportun de réguler le transport individuel et, plus globalement, les pratiques polluantes, en particulier dans les environnements où ces problèmes sont les plus importants, ce que semblent faire les ZFE-m.
La prise en compte des plus précaires n’est pas superflue !
Il s’avère en réalité que les personnes qui ont des véhicules interdits au sein des zones à faibles émissions sont aussi les plus pauvres : les 10% les plus pauvres ont plus d’un quart de leurs véhicules crit’air 4 ou 5, quand les 10% les plus riches ne sont que 7% à avoir un véhicule qui ne puisse entrer dans les ZFE où voiures jusqu’au crit’air 3 sont autorisées.
Ces ZFE sont donc de fait discriminantes : les plus hauts revenus, en capacité de s’acheter de nouvelles voitures, peuvent circuler sans encombre. Les travailleur·euses qui se rendent sur leur lieu de travail, les artisans et commerçants qui circulent avec leur véhicule daté d’une dizaine d’années et qui ne peuvent en changer sont mis hors-la-loi.
D’autres critères sont nécessaires.
Le seul critère de l’année de fabrication du véhicule est absolument insuffisant. En effet, quelle est la logique d’autoriser en agglomération un SUV dernière génération en essence, qui consomme et émet beaucoup de GES, quand on refuse une vieille twingo qui consomme beaucoup moins ? Le système de zones à faibles émissions doit prendre en compte les paramètres les plus à mêmes de rendre compte des émissions de GES dans l’environnement.
En ce sens, je me suis donc abstenue au moment du vote sur l’abrogation des ZFE ; pour autant, nous sommes force de proposition sur le sujet dans notre groupe parlementaire : le député Sylvain Carrière a rédigé une proposition de loi, que j’ai cosignée, et qui propose justement une vraie amélioration du dispositif de zones à faibles émissions, visant à le rendre plus juste, plus écologique et plus efficace.